Amelie Fernandez

L'homme est une prison où heureusement l'âme reste libre"
Victor Hugo.

Poisson jaune aux yeux bleus

Quand je peins, tout mon être vient se centrer dans le coeur et s'aligner avec l'univers.
Ensuite les choses se font d'elles-même , comme une évidence. C'est un total lâcher prise, une foi absolue, une confiance dans ce qui se passe.
Je suis dans l'instant avec la certitude que la couleur est exacte et se pose où elle doit, bien que la plupart du temps je ne sache pas à quoi je vais aboutir.
En réalité rien ne vient de l'intelect. C'est le coeur et l'univers qui s'expriment par moi. Je ne suis pas à proprement parler l'auteur de mes peintures mais un simple messager et je sens profondément que cela est juste. Dans mon atelier je redeviens légère. J'ai la certitude qu'on s'occupe de moi et que rien ne peut arriver d'autre que quelque chose de beau. Je m'abandonne comme une enfant confiante.
Plus le temps passe et plus je m'efface pour laisser place à autre chose que l'égo. C'est le vrai moi pur qui est là.
Il y a des années de cela je peignais pour assouvir un besoin que je ne savais pas nommer, j'avais peur de lâcher ce que je croyais connaitre de moi. Je me raccrochais au connu et tendais la main à l'inconnu en quelque sorte. Cela m'a pris du temps pour tout lâcher.
Ma demarche artistique est non-apprise. Il m'a fallu expérimenter et désapprendre pour avoir cette fluidité et ce bonheur de s'abandonner.
Quand je peins je m'interdis de réflechir cela brouillerait les ondes et empêcherait que mon coeur entende bien et transmette le message à mes mains.  
"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux"
Antoine de Saint Exupery

Créé avec Artmajeur